Exercice corrigé de thermodynamique
Piston adiabatique : équilibre mécanique sans équilibre thermique
Exercice 31 · Leçon 6 — Le second principe de la thermodynamique
- piston mobile
- paroi adiabatique
- résistance électrique
- équilibre mécanique
- entropie produite
Énoncé
Un cylindre horizontal rigide et calorifugé est partagé en deux compartiments par un piston étanche, adiabatique, mobile sans frottement et d'énergie négligeable. Chacun contient moles de gaz parfait de capacité molaire constante, avec , initialement à . Une résistance dans le compartiment 1 est alimentée de l'extérieur. Le chauffage est assez lent pour maintenir l'équilibre mécanique et rendre la compression du gaz 2 réversible, jusqu'à , . On coupe ensuite le courant. On néglige la capacité thermique de la résistance.
- Faire un schéma avec les frontières des systèmes « gaz 2 » et « deux gaz + résistance ». Quelle énergie traverse la frontière du second ?
- Déterminer , , puis et . La paroi adiabatique impose-t-elle ?
- Calculer les variations d'énergie des deux gaz et le travail électrique reçu .
- Calculer , et l'entropie produite par « deux gaz + résistance ». Pourquoi un chauffage lent ne rend-il pas l'ensemble de l'expérience réversible ?
- Après coupure du courant, on rend le piston diathermane en le laissant mobile. Déterminer le nouvel équilibre et l'entropie supplémentaire produite.
Indication
Solution détaillée
Question 1. Le schéma montre la résistance dans 1, le piston calorifugé et les fils électriques traversant la frontière extérieure. Le gaz 2 reçoit du travail mécanique par le piston et aucune chaleur. Pour « deux gaz + résistance », la chaleur extérieure est nulle et les parois externes sont rigides : seul le travail électrique entre. Les travaux exercés de part et d'autre du piston sont internes à cet ensemble. Posons . L'équation d'état aux deux extrémités donne Le volume total est et le piston impose la même pression dans 1 et 2 : Puisque et , , donc et . La paroi autorise du travail mais pas de transfert thermique direct. Après coupure du courant, cet état est un équilibre mécanique sous la contrainte adiabatique dans le modèle macroscopique adopté. L'énergie stockée dans la résistance est négligeable. Le premier principe appliqué à l'ensemble donne donc Dans le gaz 2, , donc le travail du piston vaut . Le piston ne stockant pas d'énergie, son travail sur le gaz 1 vaut . Ces deux travaux s'annulent dans le bilan de l'ensemble. car . On retrouve l'isentropie de la compression réversible. Pour le gaz 1, On a et , donc l'argument du logarithme est supérieur à 1 : . L'ensemble ne reçoit pas d'entropie de l'extérieur : le travail électrique n'en transporte pas. Ainsi . L'effet Joule produit de l'entropie même si le chauffage est lent. La loi de Laplace ne s'applique donc pas au gaz 1. En divisant par puis en remplaçant les températures, d'où et . Pour les variations d'entropie pendant cette nouvelle évolution, Leur somme est l'entropie supplémentaire produite, car l'ensemble est isolé : Pour , , donc son logarithme est négatif. Le signe moins rend . 