Exercice corrigé de thermodynamique

Relations de Clapeyron : la loi de Joule démontrée

Exercice 43 · Leçon 8Coefficients calorimétriques et thermoélastiques

  • relations de Clapeyron
  • coefficients calorimétriques
  • relation de Maxwell
  • loi de Joule
  • énergie interne
  • gaz parfait

Version de travail — cet exercice est encore en cours de relecture.

Énoncé

On rappelle les relations de Maxwell issues de FF et de GG :

(SV)T=(PT)V,(SP)T=(VT)P.\left(\frac{\partial S}{\partial V}\right)_T = \left(\frac{\partial P}{\partial T}\right)_V, \qquad \left(\frac{\partial S}{\partial P}\right)_T = -\left(\frac{\partial V}{\partial T}\right)_P.
  1. À partir des définitions =T(S/V)T\ell = T\left(\partial S/\partial V\right)_T et h=T(S/P)Th = T\left(\partial S/\partial P\right)_T, démontrer les deux relations de Clapeyron : =T(PT)V,h=T(VT)P.\ell = T\left(\frac{\partial P}{\partial T}\right)_V, \qquad h = -T\left(\frac{\partial V}{\partial T}\right)_P.
  2. En déduire l'identité générale (UV)T=T(PT)VP.\left(\frac{\partial U}{\partial V}\right)_T = T\left(\frac{\partial P}{\partial T}\right)_V - P.
  3. Montrer que pour tout fluide dont la pression est proportionnelle à TT à volume fixé, l'énergie interne ne dépend pas du volume. Vérifier explicitement pour le gaz parfait : c'est la (première) loi de Joule, ici démontrée et non postulée.
  4. L'expérience de la détente de Joule montre en réalité un léger refroidissement pour les gaz réels. Qu'est-ce que cela révèle sur (P/T)V\left(\partial P/\partial T\right)_V des gaz réels ?

Indication

Indication
Pour la question 2, partir de dU=TdSPdV\mathrm{d}U = T\,\mathrm{d}S - P\,\mathrm{d}V et dériver par rapport à VV à TT fixé. Pour la question 3, écrire P=Tf(V)P = T\,f(V) et calculer.

Solution détaillée

Solution
Question 1. Immédiat en substituant les relations de Maxwell dans les définitions : =T(S/V)T=T(P/T)V\ell = T\left(\partial S/\partial V\right)_T = T\left(\partial P/\partial T\right)_V, et h=T(S/P)T=T(V/T)Ph = T\left(\partial S/\partial P\right)_T = -T\left(\partial V/\partial T\right)_P.

Question 2. De dU=TdSPdV\mathrm{d}U = T\,\mathrm{d}S - P\,\mathrm{d}V, à TT fixé :

(UV)T=T(SV)TP=P=T(PT)VP.\left(\frac{\partial U}{\partial V}\right)_T = T\left(\frac{\partial S}{\partial V}\right)_T - P = \ell - P = T\left(\frac{\partial P}{\partial T}\right)_V - P.

Question 3. Si P=Tf(V)P = T\,f(V), alors T(P/T)V=Tf(V)=PT\left(\partial P/\partial T\right)_V = T\,f(V) = P, et (U/V)T=0\left(\partial U/\partial V\right)_T = 0 : UU ne dépend que de TT. Le gaz parfait (P=nRT/VP = nRT/V) est exactement de cette forme : TnR/VP=0T\cdot nR/V - P = 0. \checkmark\ La loi de Joule n'est donc pas une hypothèse supplémentaire : elle découle de l'équation d'état et des deux principes.

Question 4. Un refroidissement dans la détente de Joule signifie (U/V)T>0\left(\partial U/\partial V\right)_T > 0 (UU augmente avec VV à TT fixé, donc à UU constant, TT baisse quand VV croît) : donc T(P/T)V>PT\left(\partial P/\partial T\right)_V > P pour un gaz réel. La pression y croît plus vite que linéairement en température — signature des interactions attractives entre molécules, comme le montre l'exercice suivant sur van der Waals.