Exercice corrigé de thermodynamique

Lire une relation fondamentale

Exercice 35 · Leçon 7 — Structure mathématique : les relations fondamentales

  • relation fondamentale
  • température
  • pression
  • potentiel chimique
  • extensivité
  • gaz parfait

Énoncé

On considère nn moles d'un gaz dont l'entropie est donnée par

S(U,V,n)=ns0+ncVln⁡ ⁣(Unu0)+nRln⁡ ⁣(Vnv0),S(U,V,n)=ns_0+nc_V\ln\!\left(\frac{U}{nu_0}\right) +nR\ln\!\left(\frac{V}{nv_0}\right),

où s0s_0, u0u_0, v0v_0 et la capacité thermique molaire cVc_V sont des constantes positives. On rappelle que

1T=(∂S∂U)V,n,PT=(∂S∂V)U,n,−μT=(∂S∂n)U,V.\frac{1}{T}=\left(\frac{\partial S}{\partial U}\right)_{V,n},\qquad \frac{P}{T}=\left(\frac{\partial S}{\partial V}\right)_{U,n},\qquad -\frac{\mu}{T}=\left(\frac{\partial S}{\partial n}\right)_{U,V}.
  1. Vérifier directement que SS est extensive.
  2. Retrouver les équations U=ncVTU=nc_VT et PV=nRTPV=nRT.
  3. Calculer μ\mu et vérifier la relation d'Euler U=TS−PV+μnU=TS-PV+\mu n.
  4. Expliquer pourquoi la seule relation PV=nRTPV=nRT ne suffit pas à déterminer la température et la pression à partir de (U,V,n)(U,V,n).

Indication

Indication
Pour l'extensivité, remplacer (U,V,n)(U,V,n) par (λU,λV,λn)(\lambda U,\lambda V,\lambda n). Lors de la dérivation par rapport à nn, ne pas oublier que nn apparaît à la fois devant les logarithmes et dans leurs dénominateurs.

Solution détaillée

Solution
1. Pour λ>0\lambda>0,

S(λU,λV,λn)=λns0+λncVln⁡ ⁣(λUλnu0)+λnRln⁡ ⁣(λVλnv0).S(\lambda U,\lambda V,\lambda n) =\lambda ns_0+\lambda nc_V\ln\!\left(\frac{\lambda U}{\lambda n u_0}\right) +\lambda nR\ln\!\left(\frac{\lambda V}{\lambda n v_0}\right).

Les facteurs λ\lambda se simplifient dans les logarithmes. Il reste S(λU,λV,λn)=λS(U,V,n)S(\lambda U,\lambda V,\lambda n)=\lambda S(U,V,n) : la fonction est bien homogène de degré un, donc extensive.

2. À VV et nn fixés,

1T=(∂S∂U)V,n=ncV1U,\frac{1}{T}=\left(\frac{\partial S}{\partial U}\right)_{V,n} =nc_V\frac{1}{U},

d'où U=ncVTU=nc_VT. De même,

PT=(∂S∂V)U,n=nR1V.\frac{P}{T}=\left(\frac{\partial S}{\partial V}\right)_{U,n} =nR\frac{1}{V}.

En multipliant par TVTV, on obtient PV=nRTPV=nRT.

3. À UU et VV fixés,

(∂S∂n)U,V=s0+cVln⁡ ⁣(Unu0)−cV+Rln⁡ ⁣(Vnv0)−R.\begin{aligned} \left(\frac{\partial S}{\partial n}\right)_{U,V} ={}&s_0+c_V\ln\!\left(\frac{U}{nu_0}\right)-c_V\\ &+R\ln\!\left(\frac{V}{nv_0}\right)-R. \end{aligned}

Ainsi

μ=T[cV+R−Sn].\mu=T\left[c_V+R-\frac{S}{n}\right].

Or U/n=cVTU/n=c_VT et PV/n=RTPV/n=RT. Par conséquent

TS−PV+μn=TS−nRT+nT(cV+R−Sn)=ncVT=U.TS-PV+\mu n =TS-nRT+nT\left(c_V+R-\frac{S}{n}\right) =nc_VT=U.

4. L'équation PV=nRTPV=nRT relie PP, VV et TT, mais elle ne dit pas comment l'énergie dépend de la température. La relation calorique U=ncVTU=nc_VT apporte l'information manquante. Une relation fondamentale contient simultanément ces deux équations d'état et fixe aussi le potentiel chimique.