Exercice corrigé de thermodynamique

Changer la taille d'un système

Exercice 7 · Leçon 3 — Notions fondamentales

  • extensivité
  • intensivité
  • homogénéité
  • surface
  • analyse dimensionnelle

Énoncé

Un système homogène usuel possède une masse mm, un volume VV, un nombre de particules NN, une énergie interne UU, une température TT et une pression PP. On suppose ici UU extensive, les interactions à longue portée et les effets de bord étant négligés. On change sa taille à état intensif fixé : (m,V,N,U)↦(λm,λV,λN,λU)(m,V,N,U)\mapsto(\lambda m,\lambda V,\lambda N,\lambda U), avec λ>0\lambda>0, tandis que TT et PP restent inchangées.

  1. Déterminer le degré d'homogénéité de m/Vm/V, V/NV/N, U/NU/N, PVPV, U2/VU^2/V et V1/3V^{1/3}. Quelles grandeurs sont extensives, intensives, ou ni l'un ni l'autre ?
  2. On propose deux expressions d'une énergie, U1=aNkBTU_1=aNk_{\mathrm B}T et U2=aN2kBTU_2=aN^2k_{\mathrm B}T, où a>0a>0 est sans dimension et indépendant de la taille du système. Vérifier leurs dimensions, puis déterminer laquelle est compatible avec l'hypothèse d'extensivité. Rappeler pourquoi ces deux vérifications sont distinctes.
  3. Pour une sphère de rayon RR, exprimer l'aire AA en fonction du volume VV. Déterminer les degrés d'homogénéité de AA et A/VA/V lorsqu'on agrandit une seule sphère à densité fixée.
  4. Comparer l'aire d'une sphère de volume 8V8V à l'aire totale de huit sphères séparées de volume VV chacune. Expliquer pourquoi « agrandir un objet » et « juxtaposer des copies » ne donnent pas le même résultat pour l'aire de ses interfaces.

Indication

Indication
Remplacer chaque grandeur par sa valeur après changement d'échelle. Le facteur obtenu doit être λk\lambda^k pour une grandeur homogène de degré kk. Pour la sphère, partir de V=4πR3/3V=4\pi R^3/3 et A=4πR2A=4\pi R^2.

Solution détaillée

Solution
Question 1. Les facteurs d'échelle se multiplient dans un produit et se divisent dans un quotient. On trouve explicitement

λmλV=mV,λVλN=VN,λUλN=UN.\frac{\lambda m}{\lambda V}=\frac{m}{V},\qquad \frac{\lambda V}{\lambda N}=\frac{V}{N},\qquad \frac{\lambda U}{\lambda N}=\frac{U}{N}.

Ces trois rapports sont de degré 00, donc intensifs. Ensuite,

P(λV)=λPV,(λU)2λV=λU2V,(λV)1/3=λ1/3V1/3.P(\lambda V)=\lambda PV,\qquad \frac{(\lambda U)^2}{\lambda V}=\lambda\frac{U^2}{V},\qquad (\lambda V)^{1/3}=\lambda^{1/3}V^{1/3}.

Ainsi PVPV et U2/VU^2/V sont de degré 11, donc extensifs au sens de la loi d'échelle donnée ; V1/3V^{1/3} est de degré 1/31/3, donc ni extensif ni intensif. Le degré d'homogénéité ne précise pas les unités : PVPV s'exprime en joules, mais U2/VU^2/V en J2 m−3\mathrm{J^2\,m^{-3}}.

Question 2. NN est un nombre sans dimension et kBk_{\mathrm B} s'exprime en J K−1\mathrm{J\,K^{-1}}. Les deux expressions ont donc la dimension d'une énergie. Cependant,

U1(λN,T)=λU1(N,T),U2(λN,T)=λ2U2(N,T).U_1(\lambda N,T)=\lambda U_1(N,T),\qquad U_2(\lambda N,T)=\lambda^2 U_2(N,T).

Seule U1U_1 est compatible avec l'extensivité supposée. Une formule peut donc avoir les bonnes unités tout en présentant une dépendance incorrecte en la taille du système. Cela n'interdit pas toute énergie non extensive : c'est l'hypothèse posée dans cet exercice qui exclut U2U_2.

Question 3. On isole le rayon puis on le remplace dans l'aire :

R=(3V4π)1/3,A=4π(3V4π)2/3=(36π)1/3V2/3.R=\left(\frac{3V}{4\pi}\right)^{1/3},\qquad A=4\pi\left(\frac{3V}{4\pi}\right)^{2/3} =(36\pi)^{1/3}V^{2/3}.

Donc A(λV)=λ2/3A(V)A(\lambda V)=\lambda^{2/3}A(V) : l'aire est de degré 2/32/3. En divisant par λV\lambda V, on obtient A(λV)/(λV)=λ−1/3A(V)/VA(\lambda V)/(\lambda V)=\lambda^{-1/3}A(V)/V. Le rapport aire sur volume est de degré −1/3-1/3 et diminue lorsque la sphère grandit.

Question 4. Pour la sphère unique, A(8V)=82/3A(V)=4A(V)A(8V)=8^{2/3}A(V)=4A(V). Les huit sphères séparées ont en revanche une aire totale 8A(V)8A(V). Leur aire totale est donc deux fois plus grande. L'agrandissement d'un objet compact conserve sa forme et réduit le poids relatif des interfaces. La juxtaposition conserve toutes les interfaces des copies. Il faut préciser l'opération géométrique lorsqu'on étudie des contributions de surface ; elles sont justement négligées dans la description extensive du volume.