Exercice corrigé de thermodynamique

Atmosphère isotherme et potentiel chimique

Exercice 39 · Leçon 7 — Structure mathématique : les relations fondamentales

  • potentiel chimique
  • atmosphère
  • loi barométrique
  • gravité
  • gaz parfait

Énoncé

Pour une mole d'air à l'altitude zz, on donne le potentiel chimique généralisé

μ~(T,P,z)=μ∘(T)+RTln⁡ ⁣(PP∘)+Mgz,\widetilde\mu(T,P,z)=\mu^\circ(T) +RT\ln\!\left(\frac{P}{P^\circ}\right)+Mgz,

où MM est la masse molaire de l'air. L'atmosphère est supposée isotherme.

  1. Expliquer pourquoi μ~\widetilde\mu doit être indépendant de zz à l'équilibre.
  2. En déduire l'équation différentielle vérifiée par P(z)P(z), puis la loi barométrique.
  3. Estimer P(h)/P(0)P(h)/P(0) pour h=8,85 kmh=8{,}85\,\mathrm{km}, T=260 KT=260\,\mathrm K, M=29,0 g mol−1M=29{,}0\,\mathrm{g\,mol^{-1}} et g=9,81 m s−2g=9{,}81\,\mathrm{m\,s^{-2}}.
  4. Donner une limite importante de ce modèle.

Indication

Indication
À l'équilibre, déplacer une petite quantité de matière d'une altitude à une autre ne doit pas modifier l'énergie libre au premier ordre.

Solution détaillée

Solution
1. Si μ~\widetilde\mu était plus grand à une altitude qu'à une autre, un transfert de matière vers la région de plus faible potentiel diminuerait l'énergie libre. L'équilibre impose donc dμ~=0\mathrm d\widetilde\mu=0. 2. À température constante,

0=dμ~=RTdPP+Mg dz.0=\mathrm d\widetilde\mu =RT\frac{\mathrm dP}{P}+Mg\,\mathrm dz.

Ainsi dP/P=−(Mg/RT)dz\mathrm dP/P=-(Mg/RT)\mathrm dz. En intégrant de 00 à zz,

∫P(0)P(z)dPP=−MgRT∫0zdz,\int_{P(0)}^{P(z)}\frac{\mathrm dP}{P} =-\frac{Mg}{RT}\int_0^z\mathrm dz,

d'où

P(z)=P(0)exp⁡ ⁣(−MgzRT).P(z)=P(0)\exp\!\left(-\frac{Mgz}{RT}\right).

3. La masse molaire en unités SI vaut M=2,90×10−2 kg mol−1M=2{,}90\times10^{-2}\,\mathrm{kg\,mol^{-1}}. L'exposant est

MghRT=2,90×10−2×9,81×8,85×1038,314×260≃1,17.\frac{Mgh}{RT} =\frac{2{,}90\times10^{-2}\times9{,}81\times8{,}85\times10^3} {8{,}314\times260}\simeq1{,}17.

Donc P(h)/P(0)=e−1,17≃0,31P(h)/P(0)=e^{-1{,}17}\simeq0{,}31.

4. La température réelle de l'atmosphère varie avec l'altitude. Le modèle isotherme donne un ordre de grandeur utile, mais pas un profil précis ; il néglige aussi l'humidité et la variation de composition.