Exercice corrigé de thermodynamique
Une sphère chargée et la question de l'extensivité
Exercice 16 · Leçon 4 — Le premier principe de la thermodynamique
- interaction coulombienne
- énergie électrostatique
- extensivité
- neutralité électrique
Énoncé
Une charge totale est répartie uniformément dans le volume d'une sphère de rayon , dans le vide. Des contraintes maintiennent cette distribution ; on ne compte ici que son énergie électrostatique . Il ne s'agit pas d'une sphère conductrice, dont les charges à l'équilibre se placeraient en surface.
On assemble la distribution en apportant des coquilles chargées depuis l'infini. Pour une charge déjà assemblée dans une boule de rayon , le potentiel à la surface vaut , où . L'énergie est nulle pour les éléments de charge infiniment séparés.
- Dessiner une étape de l'assemblage. Exprimer et en fonction de et , puis calculer .
- Dans un modèle continu de constituants de même charge , on pose . À densité de particules fixée, écrire et déterminer la dépendance de l'énergie en . Comparer son signe et son degré d'homogénéité à ceux de la gravitation.
- À charge totale fixée, calculer la variation d'énergie lors d'une dilatation de à . Quel est le signe du travail extérieur reçu si cette dilatation est quasi-statique et sans dissipation ? L'expression de ce travail représente seulement la contribution électrique.
- Pour des charges de signes différents, l'énergie d'interaction microscopique s'écrit
Pourquoi la loi obtenue pour une sphère portant une charge d'un seul signe ne prouve-t-elle pas que toute matière ordinaire est non extensive ? Une charge totale nulle suffit-elle à annuler cette somme ?
Indication
Solution détaillée
La variation d'énergie lors de l'ajout est En sommant les apports du centre jusqu'à la surface, L'interaction de chaque paire de couches est comptée une seule fois ; aucun facteur supplémentaire n'est nécessaire. Le résultat est positif : il faut lutter contre la répulsion pour assembler les charges. Le produit s'exprime en joules. Cette énergie est de degré , donc non extensive. Son énergie par particule croît comme . Le degré est le même que pour la sphère gravitationnelle parce que les deux potentiels décroissent comme ; le signe est opposé, puisque des charges de même signe se repoussent. Le modèle continu décrit la contribution collective, sans compter les auto-énergies des charges ponctuelles. Dans une évolution quasi-statique sans dissipation, la contribution électrique au travail reçu est la variation d'énergie potentielle. On peut aussi le vérifier par intégration : L'agent extérieur retient les charges qui se repoussent et reçoit du travail pendant la dilatation. Aucun autre stockage d'énergie dans le dispositif de maintien n'est inclus dans ce bilan électrique.