Exercice corrigé de thermodynamique
Détente de Joule-Gay-Lussac : irréversibilité et dépendance au chemin
Exercice 9 · Leçon 4 — Le premier principe de la thermodynamique
- detente dans le vide
- transformation irreversible
- differentielle inexacte
- gaz parfait
- premier principe
Version de travail — cet exercice est encore en cours de relecture.
Énoncé
Un récipient rigide et calorifugé est séparé en deux compartiments de même volume par une paroi amovible. Le compartiment de gauche contient moles de gaz parfait dans l'état ; celui de droite est vide. On retire brusquement la paroi (détente dite de Joule—Gay-Lussac, étudiée par Gay-Lussac en 1807 puis reprise plus précisément par Joule en 1845).
- Justifier que , puis que . En déduire , puis la température finale pour ce gaz parfait.
- Pourquoi est-il impossible de représenter cette transformation par un chemin continu dans le diagramme de Clapeyron ?
- On réalise, à partir du même état initial, une détente isotherme quasi-statique (piston déplacé lentement) vers l'état . Calculer le travail et le transfert thermique pour cette seconde transformation.
- Comparer les résultats des questions 1 et 3, alors que l'état final (même température , même volume ) est identique dans les deux cas. Qu'en conclure sur la nature de et de ?
- Peut-on conclure de que la détente de la question 1 ne comporte aucune irréversibilité ? Sur quel argument simple, indépendant de tout calcul, peut-on déjà affirmer le contraire ?
Indication
Solution détaillée
Question 2. Pendant la détente, le système n'est à aucun instant à l'équilibre : la pression n'y est pas définie uniformément (le gaz se rue dans le vide de façon chaotique). Seuls les états initial et final, une fois l'équilibre revenu, sont représentables dans le diagramme de Clapeyron ; aucun chemin continu ne peut les relier. Question 3. Détente isotherme quasi-statique de à , à constante : (le gaz reçoit un travail négatif — il en fournit — et doit recevoir de la chaleur pour maintenir constante malgré la détente). Question 4. Les états initial et final sont identiques dans les deux scénarios ( dans les deux cas, puisque ne dépend que de l'état via ), mais d'un côté, tandis que et de l'autre. Contrairement à , qui ne dépend que des états extrêmes, et dépendent donc du chemin suivi entre ces deux états : et ne sont pas des différentielles exactes. Question 5. Non : signifie seulement qu'aucune chaleur n'est échangée avec l'extérieur, pas que la transformation soit exempte d'irréversibilité interne. Le signe de cette irréversibilité est déjà visible sans aucun calcul : on n'observe jamais le gaz occupant se reconcentrer spontanément dans le compartiment de gauche, alors que rien dans le premier principe seul ne l'interdirait (l'énergie totale resterait inchangée). La leçon 5 permettra de quantifier précisément cette irréversibilité à l'aide de l'entropie — qui n'est pas nulle bien que le soit, un résultat en apparence paradoxal traité en détail dans l'exercice « Détente de Joule et l'astuce fondamentale ».